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SNTE حوار
الأمين العام الوطنية للنقابة الوطنية لعمال التربية
SNTE
Abdelkrim Boudjenah, SG du
SNTE
«La
Coordination nationale a atteint ses
limites»
Transcendée par une division,
la Coordination
nationale des syndicats autonomes de
la Fonction publique (CNSAFP) peine
depuis la grève de trois jours décrétée pour les 10, 11
et 12 novembre et qui s’est soldée par un échec.
Entretien réalisé par Fouad O.
Elle est condamnée à l’implosion si ce n’est déjà fait.
Abdelkrim Boudjenah revient
dans cet entretien sur les tenants d’un échec programmé
qui «a fait avorter cet élan de solidarité qui a nourri
un réel espoir dans
la Fonction publique».
La
Coordination
est née, pour rappel, à l’objectif d’asseoir un
interlocuteur valable avec les pouvoirs publics en
dehors de l’UGTA. Accusé d’avoir trahi le règlement et
les décisions concertées de ladite coordination suite à
sa démarcation affichée par rapport au préavis de grève
des trois jours, M. Boudjenah
tente de se justifier tout en annonçant la suspension de
toute coordination, voire la fin d’un espace de
concertation mis à mal par une sourde lutte de
leadership.
Le retour à la protestation revient cette année en rangs
dispersés. Qu’en est-il exactement ?
Ce
mouvement répond à l’impératif de faire valoir les
revendications du corps de l’éducation et autres corps
communs qui restent
légitimes. Le statut particulier est promulgué, comme
vous le savez, sans grandes valorisations du statut des
enseignants ni des autres corps communs et ne répond pas
à la plateforme de revendications énoncées de concert
avec les autres segments de la corporation au sein de la
coordination. Le statut n’est pas clair concernant les
directeurs d’établissements, les inspecteurs et les
adjoints de l’éducation. Ces trois intervenants dans
l’acte pédagogique souffrent toujours d’une mauvaise
classification. Nous avons décrété une grève de trois
jours en nous associant au mot d’ordre de la
coordination, CNSAFP.
Ce qui n’a pas été le cas, puisqu’à la veille du
mouvement de débrayage, vous avez appelé à la suspension
de la grève.
Pour être clair, nous avons adhéré à la coordination et
sommes un acteur actif en son sein. C’est une
coordination régie certes par un règlement intérieur à
respecter et un coordinateur national qui est lui-même
le porte-parole. Mais de là qu’un syndicat autonome
viole le règlement en déposant un autre préavis de grève
stipulant une autre plateforme de revendications, autres
que celles consignées dans le préavis de grève émanant
de la coordination nationale, dois-je souligner. Et le
dérapage fut.
A qui faites-vous allusion ?
Le
communiqué diffusé par l’Unpef
dans les établissements scolaires ne correspond
nullement à celui établi par la coordination.
Personnellement, je ne pouvais me taire concernant cette
dérive ou trahir ma base. Je dis bien que je suis
redevable à ma base du SNTE et non à la coordination au
sein de laquelle nous avons notre mot à dire.
Votre première réaction était de suspendre la grève et,
partant, saper le travail de groupe.
On
avait convenu dans la réunion des syndicats membres de
la coordination qu’il n’y aurait pas de communiqués
individuels mais seulement au nom de
la CNSAFP. On était tous d’accord pour
le respect des engagements pris. D’un coup, certains
jouaient le malin pour faire de la récupération. C’est
une chose inadmissible. Une réunion a été tenue pour
prévenir contre ce genre d’agissements. Le représentant
de l’Unpef a brillé par son
absence usant de tous les subterfuges pour se dérober et
fausser compagnie. Et c’est donc par honnêteté avec ma
base syndicale et avec l’esprit de la coordination que
j’ai appelé la base du SNTE à suspendre une grève à
plusieurs vitesses.
On vous accuse d’avoir trahi votre engagement, torpillé
la solidarité et brisé la grève. Vous auriez pu régler
le différend ultérieurement.
Le
gel de la grève est fait par honnêteté envers la base du
SNTE que je ne me permets pas de tromper. La grève est
décrétée sur la base de quatre points de revendications
connus par tous. Mais se retrouver face à d’autres
points tels la charge des horaires d’éducation du
primaire, cela ne pouvait pas continuer ainsi. Soyons
sérieux, si on revendique le dialogue avec le
gouvernement ce n’est pas pour une histoire de charge
d’horaires scolaires. Or, c’est bien à la base du statut
de l’enseignant, le régime indemnitaire, les promotions
du personnel d’encadrement et les adjoints de
l’éducation que nous nous étions inscrits dans ce
mouvement.
Geler une grève, cela ne veut pas dire pour autant que
nous avons abandonné le mouvement de protestation. Et
pour preuve, 50 000 adjoints de l’éducation sont en
grève aujourd’hui à travers le territoire national, en
réponse au mot d’ordre lancé par le SNTE.
Donc, l’action syndicale est condamnée désormais à se
prononcer individuellement.
Non, décréter une grève de quatre jours pour un corps
commun n’est pas chose aisée. Les gens vous suivent ou
ne le font pas. Il faut a priori ne pas trahir
ce capital confiance de la
base. Avec cette grève nous exprimons par là notre
attachement et notre engagement aux revendications des
adhérents. Nous sommes toujours disposés à coordonner
nos actions mais pas avec n’importe qui désormais.
Ce qui veut dire ?
Pas
avec ceux venus faire de la coordination une rampe de
lancement pour des ambitions individuelles parce qu’ils
n’ont pu s’imposer sur le terrain. En tout état de
cause, je me suis retiré de la coordination. Mon retrait
n’est pas la fin du monde car j’appelle à une
coordination des syndicats de l’éducation pour militer
avec des gens sincères. Les gens qui croient en le
militantisme syndical pas ceux qui courent derrière des
promotions et des objectifs étroits autres que
syndicaux.
A votre avis, la coordination ne souffre-t-elle pas de
manipulation, de récupération ou d’infiltration ?
Il
y a bien des représentants de partis politiques qui font
de la récupération, voire de la manipulation et ce, même
au niveau des réunions, à l’effet d’orienter l’action
commune.
Je
refuse cet état de fait car je ne suis pas politicien et
je ne suis pas là pour faire de la politique. Je suis un
syndicaliste qui défend les droits et revendications
socioprofessionnelles. La coordination n’est pas une
association mais bien un ensemble de syndicats réunis
par un contrat moral. C’est d’autant plus étonnant de se
retrouver parmi des intellectuels censés être démocrates
qui ne croient pas aux règles de la démocratie. La
coordination nationale veut dire espace de prise de
positions et de décisions concertées. Si je n’adhère pas
à une démarche, je ne vois pas pourquoi je reste
emprisonné et dois subir le
soi-disant retrait de confiance.
Et vous adhérez à la grève illimitée annoncée pour
prochainement ?
Il
ne faut pas se leurrer. Qu’on réussisse d’abord une
grève de trois jours avant de parler d’une grève
illimitée. Personnellement, je ne suis pas pour. Je ne
veux plus travailler avec des gens qui ne m’inspirent
plus confiance.
Force est de constater donc que la coordination est
finie ?
En
effet, et elle a enterré avec elle un grand espoir de
mettre en place un partenaire social crédible et
prometteur. Si on ne se respecte pas entre syndicats
autonomes, comment espérer forcer le respect des
pouvoirs publics ? Je préfère m’investir dans le respect
et la confiance de la base SNTE.
N’est-ce pas aller trop vite en besogne que de faire un
tel constat et d’ester en justice à la fois la
coordination et la tutelle ? C’est suicidaire pour votre
syndicat, non ?
Le
SNTE existe avant d’autres syndicats se prévalant, à
l’ombre de la coordination, mieux que d’autres. Je suis
fort par ma base et non par la coordination. Il faut se
demander dès lors que vaut de la coordination sans le
SNTE. Nous n’avons pas suivi la grève, et vous avez
constaté que c’était un échec. M’accuser de traître,
cela a dépassé les limites de la déontologie syndicale
où la liberté d’action, d’expression et d’initiative
sont démocratiquement garanties.
Pour la traîtrise, c’est en justice qu’on verra qui a
trahi qui ?
La
coordination s’est apparemment transformée en un cercle
d’intérêts étroits et/ou partisans. De 14 syndicats, on
est passé à sept. Encore faut-il savoir qui est sincère
et qui ne l’est pas. Plus grave encore, certains
chasseurs de postes voulaient tromper la large base
syndicale pour plaire à la tutelle. Ceux-là cherchent
des promotions sur le compte des luttes syndicales. Ce
n’est pas le SNTE qui a des cadres promus directeurs
d’éducation ou conseillers du ministre de l’Education. A
l’évidence, la course au leadership et la chasse aux
postes rongent la direction de cet ensemble hétéroclite.
Je dois avouer que dans cet esprit clientéliste la
coordination a atteint ses limites.
F. O.
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M.Merkouche
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